
L’archipel des Comores traverse une crise sanitaire depuis le mois de février, lorsque 11 passagers en provenance de Tanzanie ont importé le choléra dans le pays.
Depuis lors, par laxisme et manque d’anticipation de la part des autorités, l’épidémie est hors de contrôle avec 4425 personnes contaminées et 90 morts selon les chiffres du ministère de la Santé du 4 mai, qui sont bien en deçà de la réalité.
Comme si ce malheur ne suffisait pas, une crise écologique est venue se rajouter, suite aux intempéries qui ont frappé les trois îles depuis le 27 avril. Les inondations ont causé la mort de deux personnes et 729 autres sont sans abris et ont dû être déplacés.
Tout cela, sur fond de crise économique, sans précédent, avec une inflation qui a atteint un record de 20,8% en 2023 alors qu’elle dépassait rarement les 3% habituellement.
Et pour couronner le tout, la crise politique née de la mascarade électorale de Janvier 2024 n’est toujours pas résolue et la répression s’abat sur les opposants. Dernier à en faire les frais, le candidat à la présidentielle Mohamed Daoudou Kiki a été placé en détention provisoire.
L’arrestation de l’ex tout-puissant ministre de l’Intérieur, intervient alors que le gouvernement craint une résurgence du climat insurrectionnel et des émeutes qui avaient suivis la proclamation controversée des résultats des élections.
Face à cette multicrise à la fois, sanitaire, écologique, économique et politique, le régime Azali s’illustre par son incompétence et son amateurisme.
Les hôpitaux d’Anjouan sont débordés, les malades jonchent le sol par faute de places suffisantes, le personnel soignant manque de tout. Pourtant aucune mesure administrative n’a été prise par le gouvernement, pour endiguer cette épidémie, qui a tué 71 personnes en trois mois sur cette île, là où le Covid-19 en a tué 36 en trois ans.
Un vaccin contre le choléra existe, malheureusement plus de 100 jours après l’apparition de la maladie sur notre territoire, les irresponsables qui nous gouvernent n’ont pas commandé la moindre dose pour vacciner les populations des districts sanitaires les plus affectés.
Hormis quelques distributions de quelques matelas aucune aide significative, n’a été apporté aux victimes des intempéries.
Un gouvernement efficace aurait réquisitionné des lieux spécifiques tels que l’INJS (Institut national de la Jeunesse et du sport) à Ngazidja et le stade Missiri à Anjouan pour y installer provisoirement les sans abris.
Réquisitionner des stocks de riz auprès de l’onicor et des milliers de bouteilles d’eau mininérales auprès des producteurs locaux afin de distribuer aux sinistrés. Le fait de rassembler toutes les personnes affectés sur les mêmes sites permettrait de réaliser des économies d’échelle et réduire les problématiques liées à la logistique.
La sécurité civile estime a 2,5 milliards la somme nécessaire pour faire face. Comme à l’accoutumée, Il y aura sûrement de l’argent pour organiser en grandes pompes la cérémonie d’investiture le 26 mai, par contre pour venir au secours de sa propre population, le gouvernement se contentera de quémander l’aide internationale, qui met parfois plusieurs années à se matérialiser nous l’avons vu lors du cyclone Kenneth.
Cette multicrise que traverse l’archipel met à nue l’incompétence du gouvernement Azali dans tous les domaines. Cela fait huit ans qu’ils sont au pouvoir. Si des aménagements n’ont pas été réalisés aux abords des rivières qui débordent à chaque saison de Kashkazi, ou si des maisons sont construites en zones inondables, vous en êtes les premiers responsables.
Si nous sommes passés de 11 cas importés à 4425 contaminés, ce n’est pas la faute à pas de chance, c’est uniquement dû à votre gestion calamiteuse de cette crise sanitaire et si vous ne vous réveillez pas les morts se compteront par centaines.
Si l’inflation a frôlé des sommets jamais vu dans notre pays, ce n’est pas la faute à la conjoncture économique mondiale, c’est plutôt la résultante de votre absence de plan de relance économique ambitieux à la fin de la pandémie.
Tous les présidents qui ont précédé Azali, mettaient un point d’honneur à ce que les comoriens ne rompent pas le jeûne du ramadan dans le noir. En 2024, la majorité des comoriens ont mangé leur futari dans l’obscurité malgré les milliards dépensés à la sonelec.
8 ans après son investiture le 26 mai 2016, Azali Assoumani est à la tête d’un pays en lambeaux. Pas un seul des défis majeurs qu’il a trouvé à son arrivée au pouvoir n’a été résolu. On peut même affirmer de façon objective que dans certains domaines les choses sont devenues pires.
En ces heures sombres, toutes les bonnes volontés doivent s’engager pour sauver notre nation en péril. Que ce soit en politique, dans l’entreprenariat ou le milieu associatif, nous devons tous nous indigner et agir pour reprendre notre pays en mains et le libérer de la médiocrité et de l’incompétence qui nous gouvernent.
