Khaled Simba dénonce son agresseur sexuel pour qu’il ne fasse pas d’autres victimes

C’est un acte courageux, qui force le respect. Simba Khaled a pris la parole au travers d’une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, pour dénoncer les agressions sexuelles dont il a été victime, à l’âge de 14 ans, de la part de son oncle qui était également son entraîneur.

Khaled Simba

Cela fait plus de 20 ans qu’il porte le fardeau, gardant ce lourd secret ne le partageant qu’avec sa femme et son psychologue. Mais l’ado qui fuyait en courant effrayé devant son bourreau, est devenu un homme mature et fort qui ne se laisse plus intimider, ni par la pression sociale, ni par les menaces envers sa famille.

C’est pour préserver d’autres enfants du sort qu’il a subi, qu’il a décidé de briser l’omerta, la loi du silence et mettre en garde contre les dangers qui guettent ces ados qui sont confiés à son agresseur. Car l’homme qu’il accuse est entraîneur d’Élan Club de Mitsudje.

 » à chaque fois que je le vois responsable d’enfants ça me rappelle ce qu’il m’a fait subir…il était mon entraîneur, il était censé m’éduquer, quand j’étais en manque de repères, mais lui, il a profité de ma faiblesse, des difficultés que je traversais pour abuser de moi… je ne suis pas le seul, il y en a d’autres, mais on a continué à le couvrir. »

Par ces paroles poignantes, Khaled appelle la ville de Mitsudje à réagir et le démettre de ses fonctions d’entraîneur.

Après s’être renseigné sur l’accusé dont nous tairons le nom par respect pour la présomption d’innocence, nous avons obtenu plusieurs témoignages allant dans le sens de ce que révèle Khaled.

« C’est un secret de polichinelle, tout le monde le sait, mais on fait semblant de ne pas savoir qu’il fait ce genre de choses car on l’aime bien » nous a t-on confié.

Certains proches de l’entraîneur nient catégoriquement et y voient une manière de salir un homme et une famille.

Pourtant, on voit mal pourquoi Khaled Simba, qui vit aujourd’hui en France, irait exposer sa vie intime ainsi sur internet, si ce n’était pas vrai.

On connaît tous le poids du sens de l’honneur « Sheo »et la pudeur de l’Homme comorien, éduqué dès l’enfance, à ne pas aborder certains sujets tabous. il faut un courage colossale qui force l’admiration, pour oser livrer un tel témoignage sur la place publique virtuelle que sont les réseaux sociaux.

Certains minimisent ce genre d’acte sous prétexte qu’il y en a plein de ses messieurs qui font cela avec des jeunes hommes. Il y a là une confusion qui mérite un éclaircissement. Que deux hommes adultes couchent ensemble cela ne regarde qu’eux et leur créateur. Ce qui est répréhensible et qui est dénoncé ici, est l’exploitation sexuelle d’enfants.

Dans les grandes villes, certains notables ou personnes bien placées dans l’administration se sont fait une réputation dans ce domaine, au vu et au su de tous.

A Moroni, par exemple, il fut un temps où certains groupes de jeunes étaient appelés du nom de l’homme qui abusait d’eux sexuellement « ndo wana wa fulani ».

Un enfant de 13 ou 14 ans n’est jamais consentant pour coucher avec un homme qui à l’âge de son père, mais dans notre société c’est l’ado qui sera accusé d’avoir une mauvaise éducation et sera affublé du sobriquet péjoratif de « khanithi » tandis celui qui lui fait subir tout cela, ne sera jamais indexé, au contraire il sera placé aux premiers rangs de nos festivités et accueilli avec des « kwezi kwezi grand notable ».

Il est temps que les langues se délient que ce phénomène cesse. Que l’histoire de Khaled serve de catalyseur pour briser ce tabou, que les anciennes victimes s’expriment, pour que d’autres enfants soient sauvés et ne tombent pas entre les mains de ces monstres qui agissent en toute impunité.

La honte doit changer de camp. Force et courage au frère Khaled Simba.



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