Retraites: On juge une nation à la manière dont elle traite ses anciens | AlComorya

Les retraités comoriens sont en colère et ne cessent de se réunir pour exiger le règlement des arriérés, une revalorisation des pensions et le paiement en même temps que les fonctionnaires actifs.

Le 30 novembre 2022, ils avaient organisé un rassemblement dans la cour de la Caisse de retraites des Comores pour dénoncer le sort qui leur est réservé par le gouvernement Azali. Pour mener à bien leur combat, depuis quelques mois, ils ont formé une coordination à la tête de laquelle on trouve Madame Zalhata, Ali Toihir alias De Gaulle et Andjibou Ali Said.

Malgré les réunions avec le ministère des finances et la directrice de la Caisse de Retraite des Comores, Madame Fatoumia Mouigni, aucune mesure concrète n’a été prise. Cette dernière renvoie la balle au gouvernement estimant que le ministère des finances ne lui verse que 190 millions de nos francs par mois, là il en faudrait 270 millions pour payer tous les retraités.  En 2021, les retraites ne représentaient que 7,6% de la masse salariale qui s’élevait à 29 milliards. Un effort est donc possible pour trouver une solution pérenne à cette problématique.

Le régime des retraites aux Comores, est le système par répartition. Ce sont les travailleurs actuels qui paient les retraites des anciens. La durée minimale de cotisation est de 15 ans. Une réforme est plus que nécessaire pour mieux adapter la caisse de retraite, qui ne compte aujourd’hui que 30 000 affiliés seulement, à l’évolution du monde. Le système tout entier est à revoir. D’autant plus que dans le modèle actuel où seulement 2,5% des actifs cotisent. Malgré l’obligation légale, les employeurs du secteur privé ne se donnent pas la peine d’affilier leurs salariés, seuls 7000 employés du privé cotisent. C’est juste intenable. 

En attendant une véritable réforme du système de retraite, l’urgence est de répondre aux doléances de nos anciens. D’autant que le gouvernement Azali aime se targuer du fait qu’il paye les fonctionnaires toutes les fins de mois. On dit que l’on juge une société à la manière dont elle traite ses anciens et les plus faibles. Le mépris affiché par les autorités envers nos retraités en dit long sur les valeurs du régime actuel. 

Mais ce qui est le plus étonnant, c’est qu’aucun des mille et une formations politiques de l’opposition qui pullulent dans notre pays, n’a jugé bon de faire sienne la cause des retraités. La question sociale est reléguée à l’arrière-plan autant par le pouvoir que par les opposants, pourtant l’objectif principal de la politique est d’améliorer le quotidien des citoyens. 

Il existe des domaines tels que la santé, l’éducation ou la protection sociale, qui ne peuvent pas attendre. Il est temps de mettre le bien-être du comorien au centre du débat politique il est temps que le combat de nos anciens deviennent le nôtre. Car nous serons demain à la place qu’ils occupent aujourd’hui.

Mohamed Moussa Alcomorya



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