Nour El Fath Azali, dauphin de son père? Vers une monarchie républicaine Héréditaire?| Al Comorya

Nour El Fath Azali, à Hassendje, 9 décembre 2022

Vendredi 9 décembre 2022, jour de la grande prière, la petite localité de Hassendje dans la région de Washili, a accueilli un invité spécial. « Conseiller » que tout le monde l’appelle dans son entourage, est venu assister à une réunion de la coordination régionale du parti au pouvoir CRC.

Ces derniers temps, Nour El Fath Azali, fils du Chef de l’Etat, est de plus en plus actif. Il est loin le temps du jeune effacé faisant figure d’homme de l’ombre, conseiller officieux, présent dans les voyages officiels sans toutefois apparaitre dans l’organigramme du cabinet présidentiel.

En juillet 2019, il fut nommé par décret conseiller privé du Président. Depuis lors, il ne cesse d’occuper l’espace médiatique, enchainant les interviews dans les journaux de la place et les prises de parole lors des conférences de presse.

Il rencontre des ambassadeurs et s’implique dans tous les accords économiques signés par le gouvernement. Doucement mais sûrement il tisse sa toile sans jamais dire à quel dessein. Il laisse planer le mystère autour de ses ambitions, ce qui n’empêche pas certains de le considérer d’ores et déjà comme le dauphin du locataire de Beit Salam.

Pourtant le principal concerné avait nié toute intention de succéder à son père « les Comores ne sont pas une monarchie » avait-il déclaré en 2021. En parallèle, il fait ses premiers pas sur le terrain politique, sillonnant les petites bourgades de l’arrière pays ou offrant du matériel de basketball aux jeunes de grandes villes comme Ikoni et Mutsamudu.

A Hassendje, Nour El Fath a semblé vouloir se détacher de l’image réductrice de fils à papa qui lui colle à la peau:

« Je ne suis pas juste l’enfant de quelqu’un. J’estime avoir des capacités que j’aurais pu exploiter ailleurs dans le monde, mais j’ai décidé de venir travailler dans mon pays. »

Une allusion à son parcours et son expérience. Il a obtenu un MBA (Master Of Business Administration) en finance internationale à la Brandeis University du Massachusetts, aux États-Unis. Il a travaillé à Boston aux Etats Unis dans une société de Consulting et d’assurance appelée Global Atlantic Partners (GAP). Il a également évolué au sein du PNUD.

Mais derrière ses airs de gendre idéal, son image est déjà ternie par un scandale financier. Le fils du Chef de l’Etat est parmi les personnalités citées par l’enquête, Pandora Papers du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

Ces révélations, qui concernent le monde entier, visent à dévoiler ceux qui dissimulent leurs richesses dans des paradis fiscaux et sociétés offshores.

Selon ces journalistes enquêteurs, Nour El Fath possèderait une société aux Emirats Arabes Unis appelée OLIFANTS LTD qui reçoit des factures depuis qu’il a été nommé Conseiller privé de son président de père.

En plus de ces accusations de corruption, Azali fils manque d’assurance dans ses interventions publiques. Il faut parfois tendre l’oreille pour l’entendre parler lors de ses discours qu’il semble murmurer. Dans une société à tradition orale cela peut s’avérer être un lourd handicap.

L’année 2023, qui précède l’échéance électorale de 2024, s’annonce riche en termes de manœuvres politiques. Quel rôle exact jouera Azali fils? Le mystère demeure. Mais une chose est certaine il se prépare à faire un plongeon dans le marigot. Un faisceau d’indices concordants laissent présager qu’il vise une position centrale et prépondérante sur l’échiquier politique.

Un Azali pour remplacer un autre et donner l’illusion d’un changement dans la continuité? C’est un scénario possible. Mais le jeune homme peut tout aussi bien continuer à servir son père et tout en traçant sa propre route.

Les présidents africains dont les fils ont hérité le pouvoir ou y sont pressentis, sont nombreux sur le continent. Mahamat Idriss Deby a succédé à son père avec la bénédiction de la France. Avant lui, Ali Bongo, Joseph Kabila, Faure Gnassingbé l’avaient fait. Au Cameroun, le Frank Biya est de plus en plus cité pour succéder à son vieux père, tout comme son voisin Teodorin Obiang attend avec impatience son tour.

Mais est-ce vraiment souhaitable que les Comores deviennent une monarchie républicaine héréditaire? Que valent les diplômes dans les grandes universités de ce monde si c’est pour au final aller servir un système moyenâgeux teinté de népotisme?

Mohamed Moussa AlComorya



Catégories :Edito & Opinions, Infos & actu, Siasa

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