La famille expulsée de sa maison vendue aux enchères livre sa version des faits

Une famille comorienne d’origine indienne, expulsée de sa maison, qui a été vendue aux enchères à Fatima Said Issilam, a tenu une conférence de presse ce jeudi 26 mai, pour donner sa version des faits.

Dans un shikomori parfait, une des filles, passeport comorien en main, rappelle qu’il ne s’agit pas d’étrangers fraîchement débarqués mais de citoyens comoriens, nés aux Comores générations après génération. A titre d’exemple, le gérant du magasin RAJ SARL, Mouhsin Housseine est né le 11 mars 1970 à Moroni.

La maison en litige a été construite par le grand-père. En 2018, elle a servi d’hypothèque pour un prêt de 55 millions fc auprès d’Exim Bank, en faveur de Muhammad Ashraf, propriétaire du commerce appelé « Magasin indien », situé non loin d’El Maarouf.

Il devait rembourser 750000 fc par mois jusqu’en 2026. Il affirme s’être acquitté de cette obligation mensuelle jusqu’en décembre 2021. Soulignant qu’il a raté le paiement de quatre ou cinq échéances, dû à la pandémie, car il était confiné durant 11 mois en Inde.

Selon cette famille, sur 55 millions, elle avait remboursé plus de 32 millions et il ne restait donc plus que 23 millions. Ils ont exprimé leur incompréhension sur le fait qu’un bien immobilier estimé à une valeur de 300 millions, soit vendu aux enchères pour 140 millions, pour rembourser une dette de 23 millions.

Pendant leur intervention, ils ont insisté sur le fait qu’ils sont en conflit avec l’EXIM BANK et non avec l’acheteuse Fatima Said Issilam. L’institution financière n’aurait pas informé tous les garants dans cette affaire dans un délai convenable.

Selon notre propre enquête, Al Comorya a découvert que cette même maison a failli être saisie par la même EXIM Bank, en 2017, pour n’avoir pas remboursé un prêt de 68 millions fc.

Une ordonnance d’injonction à payer avait été rendue par le Président du Tribunal de Première Instance de Moroni, le 30 août 2017.

En octobre de la même année, l’huissier Maître Mohamed Djamila avait signifié à Mohsin Zakir Houssein et Mehboub Adamdjee un commandement de payer aux fins de saisie, qui laissait 20 jours pour régler la dette.

Ce n’est donc pas la première fois, qu’EXIM BANK lance une procédure légale contre cette même famille, pour non remboursement d’un crédit. C’est, peut être, ce qui a poussé l’institution financière a se montrer aussi ferme.

Cette famille n’est pas la seule dans ce cas. Le taux élevé de créances douteuses aux Comores, est ce qui pousse les banques à pratiquer des taux d’intérêt qui dépassent les 10%.

On peut aussi se demander comment Exim Bank a pu accorder 55 millions de prêt en 2018, aux mêmes personnes qu’elle a poursuivi en justice pour les forcer à rembourser 68 millions en 2017?

Il est humain de compatir avec cette famille qui perd sa demeure et son gagne pain. Surtout qu’ils emploient des dizaines de comoriens qui sont désormais au chômage. Mais il serait utile que cela serve de leçon, et en profiter pour mettre en garde les autres entrepreneurs comoriens sur les risques et les dangers qui entourent le fait d’hypothéquer les maisons pour un crédit bancaire.

Une décision de justice sera rendue le 28 mai. Espérons une fin heureuse pour tous, qu’une solution pleine de sagesse sera trouvée pour que ni Fatima Said Issilam qui a acheté une maison aux enchères en toute légalité, ni la famille propriétaire qui reste attachée à cette demeure familiale, que personne ne soit lésée et que tous y trouve leur compte.

Mohamed Moussa AlComorya



Catégories :Eco & Finances, Faits divers, Infos & actu, Vidéos

Tags:, ,

%d blogueurs aiment cette page :