Affaire Bapale, Entretien avec Sittou Raghadat, présidente de la Commission des Droits de l’Homme

Face aux multiplications des cas de violations des Droits de l’Homme dans notre pays, votre média Al Comorya, s’est entretenu avec Madame Sittou Raghadat, Présidente de la Commission nationale des Droits de l’Homme et des libertés. L’occasion d’aborder les sujets brûlants d’actualité, en premier lieu la mort du Major Hakim Bapale, ce militaire à la retraite décédé durant un interrogatoire dans le camp de Sangani.

(Voir la video de l’entretien avec Sittou Raghadat, Présidente de la CNDHL)

Première femme comorienne à siéger à l’Assemblée Nationale, première femme à devenir Ministre d’un gouvernement comorien dans les années 90,  ancienne présidente de FAWECOM le Forum des éducatrices aux Comores, Sittou Raghadat, est une figure emblématique.

Depuis qu’elle est devenue présidente la CNDHL, elle est sous le feu des critiques, accusée de ne pas dénoncer assez fermement  les dérives autoritaires du gouvernement et de ne pas remplir sa mission de défenseuse des droits humains. 

Sur la mort de Bapale, elle condamne l’inhumation indigne qu’il lui a été réservé, ainsi de l’exhumation de son corps, tout en s’abstenant d’évoquer les causes du décès. Elle avance qu’elle ne peut se substituer à la Justice: 

« Nous ne suivons ni les opinions exprimées sur les réseaux sociaux qui parlent de tortures et blessures, ni la version des militaires qui évoquent un malaise, nous demandons une enquête et nous nous tiendrons à ce que dira la Justice. »

Concernant la torture elle affirme qu’elle n’a jamais trouvé de cas, hormis celui du camps militaire de Simbusa. Rappelons que cette affaire de torture avait mis le gouvernement dans l’embarras car il existait une preuve vidéo.

Cette exemple est une illustration parfaite de ce qui ne va pas dans le fonctionnement de la Commission des Droits de l’Homme. On a l’impression que c’est la règle du « pas vu, pas pris ». Tant qu’il n’y a pas de preuves vidéos, pour la présidente il n’y a pas de torture. 


Pourtant, le Directeur de Cabinet Chargé de la Défense Belou a reconnu de manière implicite l’existence de cette pratique, quand il a déclaré aux micros de l’ORTC que:  » S’il avait été torturé, il n’y aurait aucun problème, nous l’aurions dit. Nous aurions peur de quoi? »

Concernant le sort de l’opposant Mohamed Inssa alias Bobocha, dont l’avocat Gérard Youssouf dit ne pas avoir de nouvelles depuis sa déportation de Madagascar en janvier 2021, Sittou Raghadat assure que lorsque la commission a été contactée, ils ont pris le dossier à bras le corps.

Elle s’est enquise auprès du gouvernement pour savoir où se trouvait le prisonnier, on lui a répondu au camp militaire de Mde et montré l’arrêté qui le transforme en prison annexe.  

La présidente dit avoir vu Bobocha et s’être entretenu avec lui sur ses conditions de détention. A la fin de sa visite elle a rédigé un rapport qu’elle a communiqué à la communauté internationale. 

Concernant Abdallah Agwa, elle indique que le Chef de service chargé des prisons de sa commission, a vu le détenu à 3 reprises. Il n’aurait fait état d’aucune torture lors de sa détention mais aurait dit qu’il a été battu et blessé lors de son arrestation. 

Pour conclure elle s’est dit fière de son bilan à la tête de l’institution, rappelant que si tout n’est pas parfait elle a obtenu des avancées et des améliorations dans plusieurs domaines. Madame Sittou Raghadat invite les comoriens à plus d’indulgence car selon elle, dans aucun pays au monde, les Droits de l’Homme sont respectés à 100%. 

Pour plus d’informations, nous vous invitons à regarder la vidéo de l’intégralité de l’interview.



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