Effet papillon: Pénurie de carburant, coupures d’électricité et incendies

Le célèbre météorologiste Edward Lorenz a dit que le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut provoquer une tempête au Texas. C’est ce qu’on appelle l’effet papillon.

Selon cette théorie, la moindre petite action dans une partie du globe peut avoir d’énormes répercussions à l’autre bout de la planète. Certains appellent ça l’effet boule de neige.

Peu importe comment vous l’appelez, ce phénomène est important pour comprendre le lien de causalité qu’il y a entre le port de Fujairah dans les richissimes Emirats Arabes Unis et la modeste maison en tôles de Mama Raissa dans le quartier de Mbuzini à Moroni. 

En apparence il n’y en a aucun. Pourtant si Mama Raissa a vu sa maison dévorée par les flammes et son mari hospitalisé avec le visage brûlé, c’est à cause des coupures d’électricité qui sont de plus en plus fréquentes. Le retour du courant a provoqué un court-circuit qui a créé l’incendie. On constate que plusieurs feux ont été déclenchées à la suite de coupures.

Si la société nationale d’électricité en est arrivée là, c’est parce que qu’au lieu des 70 000 litres quotidiens qu’elle achetait à la Société Comorienne d’Hydrocarbures, celle-ci ne lui livre que 45 000. 

En effet, la SCH a réduit ses livraisons, passant de 120 000 litres par jour à 60 000. Si elle a dû serrer les vannes, c’est que le carburant qui reste dans les réservoirs ne permettra de tenir que jusqu’au 2 août. Or le navire censé livrer la nouvelle commande n’arrivera que le 5 août.

Il devait embarquer le carburant le 16 juillet aux Emirats Arabes Unis, mais à cause d’un problème survenu au port de Fujairah, le bateau n’a pu partir que le 22 juillet et devait arriver à Moroni le 1er août. 

Selon le directeur de la SCH, Oumara Mgomri, le navire, loin d’être au bout de ses peines, a été pris dans intempéries en pleine mer et a fait face à des vagues de 9 mètres de haut, ce qui a aggravé le retard dans le délai de livraison. 

C’est ainsi qu’un problème au port de Fujairah, une mauvaise météo, ont poussé la SCH de réduire ses livraisons de carburant, ce qui pénalise la sonelec et crée des coupures d’électricité, qui a leurs tours provoquent des courts circuits qui engendrent des incendies comme chez Mama Raissa ce matin.

Effet papillon et effet boule de neige certes, mais ça serait trop facile de se dédouaner de toute responsabilité. 

La SCH est coupable car malgré les immenses bénéfices qu’elle engrange grâce à sa situation monopolistique d’unique importateur d’hydrocarbures, elle n’a pas investi dans la construction de nouveaux dispositifs de stockage qui permettraient au pays d’avoir de quoi tenir 6 mois, par exemple, au lieu de 50 jours seulement actuellement. 

Si la société avait fini la construction des réservoirs  de Hoani à Moheli cela aurait également augmenté sa capacité de stockage.

Mais tant qu’on aura pas construit une nouvelle zone industrielle digne de ce nom, située loin des habitations, regroupant un nouveau port en eaux profondes et des nouveaux réservoirs de 6000 m3, l’île de Ngazidja en particulier et le pays en général, n’en finira jamais avec les pénuries à répétition, qu’elles soient de denrées alimentaires ou de carburants.  



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