Wuambushu: Azali capitule en rase campagne, les expulsions de Mayotte vont reprendre | Al Comorya

Les délégations comoriennes et françaises au Quai d’Orsay, 9 avril 2023 / (Photo: France Diplomatie)

La délégation comorienne venue s’entretenir avec le gouvernement français, a accepté la reprise des liaisons maritimes entre Mayotte et Anjouan. C’est une capitulation en rase campagne.

Après avoir fanfaronné sur les plateaux des télévisions françaises, Azali Assoumani a dû faire profil bas, après que le Président Emmanuel Macron l’ai convoqué comme un simple préfet, pour lui remonter les bretelles, de façon courtoise.

Le ministre de l’Intérieur Fakridine Mahamoud, celui des Affaires Étrangères Dhoihir Dhoulkamal et le porte-parole du gouvernement Houmed Msaidie, sont quant à eux partis prendre les instructions au Quai d’Orsay, en présence de Gérald Darmanin et Catherine Colonna. 

Au départ, le ministre de l’Intérieur français souhaitait rencontrer son homologue comorien seul Place Beauvau. Ils se sont entretenus au téléphone à de nombreuses reprises. Il semble que côté gouvernement comorien, on ne fasse pas assez confiance à Fakridine Mahamoud, puisqu’ils ont exigé qu’il n’y aille pas seul.

Il est troublant de constater que les élus mahorais, particulièrement Mansour Kamardine en veulent à Fakri, insinuant qu’il avait donné sa parole qu’il soutiendrait l’opération Wuambushu.

Lors d’un échange sur twitter, j’ai fait remarquer au député de Mayotte qu’il avait l’air déçu par l’attitude de notre ministre de l’Intérieur, il a répondu « J’avais prévenu en haut lieu. La parole, la dignité, l’honneur sont cultivés inégalement à la surface du monde… » Comme s’il laissait entendre que Fakri faisait partie du plan Wuambushu et qu’il leur a fait faux bond à la dernière minute.

Ceci explique peut-être, pourquoi Azali n’a pas souhaité que Gérald Darmanin et Fakridine Mahamoud se rencontrent seuls. Pourtant, y aller à plusieurs ne fut d’aucune utilité, puisqu’ils sont partis rendre les armes sans même avoir livré bataille ni obtenu une quelconque contrepartie, puisque même les 150 millions annoncés depuis 2019, seulement 12 ont été débloqués mais une grande partie a servi à payer des formateurs français d’Expertise France. 

Azali est le plus grand perdant de cette séquence. En rentrant bredouille, à Moroni, alors qu’il avait commencé à obtenir un rare capital sympathie même auprès de l’opposition, il se tire une balle dans le pied.   

Alors que les forces politiques se montraient prêtes à faire une trêve des braves, pour créer une union sacrée contre ce déplacement forcé de population, le voilà qui capitule. La réaction digne du gouvernement avait donné un sentiment de fierté nationale, du David qui ne se laisse pas intimider par Goliath, du petit Poucet qui refuse de se faire humilier par le grand ogre. Tout cela est derrière nous.

Puisque le gouvernement ne le fait pas, c’est le peuple lui-même qui voudra montrer sa désapprobation.

Pourtant dans une interview au journal Le Monde le 9 avril, Azali affirmait :

« Comment puis-je justifier devant mes compatriotes le fait que j’accepte les bateaux qui renvoient des Comoriens de Mayotte? C’est trahir notre Constitution, qui dit que Mayotte est comorienne. »

Il reconnaît donc par ses propres mots qu’accepter les liaisons maritimes est une trahison de la constitution. A n’en point douter, cette déclaration restera dans les archives et sortira le jour où tous ceux coupables d’intelligence avec une puissance étrangère seront jugés.

Ko kali kali litsohutswa djioni.

Mohamed Moussa AlComorya



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