Arnaque pyramidale: Nazra Said Hassani a-t-elle agi seule? | Al Comorya

Une affaire d’arnaque pyramidale estimée à 2,5 milliards kmf provoque des remous jusqu’au sommet de l’Etat comorien.

Les ramifications de ce réseau vont de hautes personnalités proches du Président de la République, à des cadres des grandes entreprises publiques et privées, en passant par des hauts gradés de l’appareil sécuritaire, sans épargner les milieux d’affaires.

L’ampleur est telle que déjà des têtes commencent à tomber et non des moindres, puisque le Directeur Général de la Police et de la sûreté Nationale Abdelkader Mohamed a été démis de ses fonctions par un décret présidentiel daté du 6 avril 2023.

Il est accusé d’avoir aidé la principale suspecte et instigatrice présumée de ce système de Ponzi, une jeune fille du nom de Nazra Said Hassani, à prendre la poudre d’escampette. Celle par qui le scandale arrive, a été arrêtée à Madagascar alors qu’elle tentait de fuir son pays, en compagnie de son mari et son enfant.

Cette jeune femme de 28 ans, très engagée politiquement avait déjà fait parler d’elle lors de son arrestation en avril 2019 dans un tout autre contexte, suite à la crise post électorale, en tant que militante du mouvement Hury.

Elle a fait des études de Commerce international, à l’université Shanghai Dianji, en Chine. Parlant le mandarin, elle était une employée de la société chinoise Huawei aux Comores. En parallèle, en tant qu’entrepreneuse elle s’occupait de son propre commerce « Halfat Styles » situé à côté de Volovolo le grand marché de la capitale comorienne.

C’est sous couvert de cette société ayant une existence légale, qu’elle signait des contrats qui donnait une apparence de sériosité à cette entourloupe illégale.

Celle qui est désignée comme étant le cerveau ayant orchestré ce montage financier frauduleux, à réussi grâce à sa force de persuasion, à convaincre tout ce beau monde, de lui confier de l’argent avec la promesse d’un taux d’intérêt alléchant variant entre 10 et 20%. Les sommes récoltées auprès des nouveaux venus permettaient de rembourser les anciens et ainsi de suite.

Durant deux ans, le sytème fonctionnait à merveille, le bouche à oreille, lui attirait de nouveaux clients. jusqu’à ce que Nazra se retrouve débordée, car elle n’arrivait plus à suivre la cadence.

C’est alors que s’effondre l’histoire aux allures romanesques, trop belle pour être vraie de la jeune fille pleine d’ambitions qui sur un éclair de génie décide toute seule de mettre son intelligence au service du crime.

Les créanciers qui insistaient pour être remboursés, découvrent qu’en réalité, derrière Nazra, des personnes haut placées tirent les ficelles et n’hésitent pas à intervenir pour leur demander de patienter et de cesser de réclamer leur argent dans l’immédiat.

Les puissants parrains de la jeune femme, qui sont parvenus à la faire quitter le territoire national, sont-ils les véritables responsables de cette escroquerie? C’est ce qu’affirme grand nombre de personnes proches de l’enquête.

L’opposition n’a pas attendu pour s’emparer du scandale. Dans un entretien avec Al Comorya, jeudi 6 avril, le porte-parole de l’Union de l’opposition Ibrahim Abdourazak Razida a accusé le gouvernement Azali d’être devenu une mafia d’Etat, rappelant que cette affaire n’est que la continuité des scandales qui éclaboussent ce régime, citant notamment le réseau de trafic d’or qui opérait à l’aéroport des Comores.

Pour Razida, Il est évident que la jeune fille n’a pas agi seule et que les véritables auteurs de cette arnaque financière, sont des caciques du pouvoir, notamment Youssouf Mohamed Ali Belou, le Chargé de La Défense.

Une chose est certaine, l’image des Comores est de nouveau ternie, comme le rappel le communiqué tardif de la Banque Centrale qui «condamne fermement les actes d’escroquerie financière de type « Ponzi» qui ont été démantelés par les services de renseignements comoriens. Ces pratiques illégales sont interdites par plusieurs pays, notamment les Comores et nuisent à l’image du paysage financier des pays victimes. »

L’apparition de systèmes mafieux dans un pays est la résultante d’une défaillance de l’Etat. Cette affaire qui implique des fonctionnaires et dirigeants à tous les échelons administratifs montrent à quel point le cancer de la corruption gangrène l’appareil d’Etat.

Nazra Said Hassani servira-t-elle de fusible qui saute pour mieux protéger ses parrains de l’ombre, intouchables car trop proches du Président? La direction que prendra l’enquête en cours nous le dira.



Catégories :Infos & actu, Siasa, Eco & Finances

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