Fermeture des magasins AGK, acharnement fiscal contre Amine Kalfane?| AlComorya

Les établissements AGK du nom de l’entrepreneur Amine Goulam Kalfane ont été fermés le 7 décembre 2022, par les forces de l’ordre, qui accompagnaient le receveur central de l’AGID l’Administration Générale des Impôts et des Domaines, à la suite d’un contentieux.

Le fisc doute de la véracité des déclarations d’impôts et souhaite effectuer des vérifications informatiques dans la base de données de la société spécialisée dans l’import-export. Son avocat Said Issa a convoqué la presse le jour même pour s’expliquer devant le portail cadenassé de l’entreprise. Il insiste sur le fait qu’AGK a payé ses impôts mais que par excès de zèle l’AGID s’acharne. Il estime que l’administration fiscale agit sans respecter les procédures en vigueur.

Cette fermeture d’un des plus principaux grossistes de la capitale a des répercussions chez les petits détaillants de certains dukas. En cette période d’inflation cela n’arrange pas les affaires des consommateurs. 

Ce n’est pas la première fois que l’opérateur économique a maille à partir avec le fisc. En 2016, la Direction régionale des impôts de Ngazidja avait causé la fermeture de ses commerces, tout en réclamant 703 millions fc de Taxe intérieure sur l’alcool pour l’année 2015.

Amine Kalfane, un entrepreneur comorien d’origine indienne, est issu d’une grande famille très respectée de commerçants ismaéliens installée aux Comores et dans les pays de la région depuis des lustres.

En plus des importations en tout genre, notamment d’alcool et cigarettes, il est actif dans la culture de vanille, girofle et Ylang-ylang. Dans les années 80 le nom de Kalfane était synonyme de boulangerie. Une diversification qui permet au groupe AGK de peser plusieurs milliards de francs de chiffre d’affaires annuel.

Des activités qu’il exerce également à Madagascar, où Il a même obtenu la gestion de l’aéroport de Mananara. Propriétaire terrien surtout à Ngazidja et Moheli, il est confronté aux récurrents problèmes fonciers, par exemple dans la localité de Mde, ce qui explique selon lui, qu’il soit obligé de privilégier Madagascar où il emploie 800 personnes.

En décembre 2019, un autre conflit l’oppose aux douanes qui lui réclament 190 000 euros au lieu des 150 000 habituels, pour ses conteneurs de cigarettes. Des tarifs jugés excessifs, un bras de fer s’en est suivi. 

Si Amine Kalfane est parfois victime d’un acharnement fiscal, qui n’est pas de nature à encourager le climat des affaires dans notre pays. On ne peut pas non plus dire de lui qu’il est blanc comme neige. En 2011, son nom surgit dans l’affaire du haut dignitaire religieux Said Abdallah Rifki, secrétaire général du Muftorat, condamné pour avoir voulu corrompre Abbas Elhad qui était directeur de cabinet du ministre de l’intérieur Hamada Abdallah.

Le prédicateur avait apporté 2 millions kmf pour le soudoyer dans l’objectif qu’il assure la réouverture des débits de boissons alcoolisées affiliés à AGK qui étaient fermés. Rifki sera condamné à 2 ans de prison ferme, avant que la décision ne soit annulée par la justice en 2012. Amine Kalfane lui ne sera jamais inquiété dans cette tentative de corruption.

Dans les milieux d’affaires de Moroni, certains murmurent que sa rivalité avec son concurrent Shemir Kamoula qui est un proche du pouvoir Azali, ne serait pas pour rien dans ses déboires. Des informations que nous n’avons pas pu vérifier même si l’animosité entre les deux importateurs de boissons alcoolisées, est bien connue.

Une chose est certaine, les petites boutiques de détaillants pâtissent de la fermeture de ce grossiste qui leur accordaient des facilités de paiements. D’autant que d’autres grossistes subissent le même sort. En ces temps de crise économique globale, est-ce le bon moment pour asphyxier les entrepreneurs?

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, le gouvernement ne devrait-il pas faciliter la vie aux rares importateurs et producteurs comoriens plutôt que de les pousser à mettre la clé sous la porte et augmenter le chômage?

D’autres voies et moyens existent pour allier la nécessité de payer les impôts et la flexibilité envers un acteur important de l’économie nationale en ces temps difficiles. La mesure visant à fermer la société AGK juste parce qu’elle n’a pas autorisé d’entrer dans sa base de données, est une décision excessive par laquelle les autorités se tirent une balle dans le pied et refroidissent les ardeurs de ceux qui seraient tentés d’investir aux Comores.

Mohamed Moussa AlComorya

Réaction de Said Issa l’avocat d’AGK


Catégories :Eco & Finances, Edito & Opinions, Infos & actu

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