Communiqué de Saïd Larifou sur la violence à Mayotte | AlComorya

L’homme politique et avocat comorien Saïd Larifou a publié un communiqué de presse sur les violences qui secouent l’île de Mayotte. Pour l’opposant, la solution passe par le rétablissement de l’ordre démocratique dans les trois autres îles de l’archipel et leur développement. Il préconise un nouveau partenariat entre La France et Les Comores


La situation actuelle sur le territoire de Mayotte illustre largement l’échec des politiques mises en place depuis 47 ans tant sur cette île, qui, contrairement aux autres îles de l’Archipel des Comores, est sous l’administration française, les trois autres îles étant devenues indépendantes en 1975.


Il est temps de faire preuve de courage pour tirer les leçons de la situation dramatique dans cet archipel et adopter une autre vision des choses tant du côté de la France que des Comores, où l’on voit les conséquences désastreuses et dramatiques des politiques, ou plutôt de l’absence totale de politique et de vision à long terme des différents dictateurs qui se sont succédés à Moroni.

A commencer par celui en place actuellement, le colonel Assoumani AZALI ne fait strictement rien depuis 20 ans pour le développement de ces îles et dont l’ incompétence notoire n’a qu’amplifier une situation déjà insupportable et la France fait aujourd’hui largement les frais.


En effet, ce véritable dictateur, arrivé sur la scène par un coup d’Etat en avril 1999 avant de se présenter en 2002 et en 2016, a tordu la Constitution pour se représenter avant terme en 2019 et se maintenir au pouvoir jusqu’en 2024, voire 2029.


Il s’appuie, depuis toujours, sur sa famille et un tout petit groupe de proches qui lui sont inféodés, sans assise populaire ni véritable feuille de route pour son pays : il se contente de pérenniser son clan et sa famille au pouvoir, de détourner des millions d’euros investis dans des sociétés offshore, d’aggraver la corruption endémique, d’encourager et faciliter des filières d’immigration, cette fois avec la complaisance de l’ambassade des Comores en Tanzanie dont Mayotte fait les frais.


L’indifférence du Colonel Azali Assoumani sur le climat insurrectionnel à Mayotte , les drames en mer qui secoue l’Archipel et son régime répressif et dictatorial sont des facteurs qui ont sérieusement amplifié dramatiquement les maux de l’Archipel des Comores et qui semblent favorables aux intérêts des lobings d’intérêts multiples de part et d’autres au détriment des populations.


Il est en effet bien connu que l’absence d’État aux Comores et le régime répressif et dictatorial du colonel Azali Assoumani encouragent l’émergence des filières de traite d’êtres humains qui facilitent l’arrivée sur Mayotte des hommes et femmes en provenance d’Afrique de l’Est et de la région des grands lacs.


Ces milliers de jeunes migrants de plus en plus cosmopolites , le plus souvent au chômage ou enrôlés souvent dans le grand banditisme, s’ajoutent aux 10.000 jeunes mineurs, nés à Mayotte, sans parents, donc isolés, qui traînent désœuvrés à Mamoudzou, leurs parents, dont certains sont originaires des autres îles de l’archipel des Comores, ont fait l’objet de mesures d’éloignement ou ont disparu dans le maquis.


A ces milliers de mineurs isolés, natifs de Mayotte, qui n’ont guère de perspective que servir des groupes criminels mineurs ou devenus majeurs, nés à Mayotte, s’ajoutent ces milliers de jeunes comoriens véritables réfugiés politiques : ils fuient la dictature dirigée par AZALI qui ne leur offre que la répression, ils n’ont aux Comores aucune perspective sérieuse d’avenir.


Car la France ne peut plus rester passive devant la gestion désastreuse des trois autres îles et se contenter de gérer les urgences de maintien de l’ordre à MAYOTTE, plongée dans une violence galopante et menacée sérieusement de guerre civile.


Pour ramener un calme durable sur le territoire de Mayotte et assurer la stabilité dans cette zone de l’océan Indien, la France doit encourager la communauté internationale à s’engager pour le rétablissement d’un véritable ordre démocratique aux Comores en facilitant des élections réellement transparentes.


Alors qu’il s’agit de présence sur le territoire de Mayotte des personnes qui fuient la pauvreté, qui est le résultat de l’arbitraire et la dictature, il serait illusoire, voire dangereux, de penser, comme au temps de Bob Denard, que la mission confiée à l’armée française dans ces circonstances pourrait empêcher l’arrivée massive de ces affamés qui tentent, dans des conditions souvent très périlleuses, de trouver désespérément un eldorado. Cette période est révolue, les problèmes mahorais et comorien sont bien d’ordre politique et non militaire.


Soyons clair sur les Comores actuelles : il s’agit purement et simplement d’une dictature. Jugeons- en : le Parlement, la Justice, la police, l’armée, les ministères dont celui des finances surtout sont totalement inféodés au colonel AZALI Assoumani qui concentre tous les pouvoirs comme dans tous les régimes autocratiques.


Il n’y a aucun contre pouvoir, toute contestation est réprimée dans la violence : militaires, gendarmes et policiers commettent des exactions et meurtres impunis sur lesquels il n’y a jamais d’enquête contraignant ainsi certaines victimes de meurtres et tortures, de nationalité française, à saisir la justice française en vertu de sa compétence universelle. L’Etat de droit n’existe plus, l’Etat tout court non plus. Un petit clan autour du dictateur cumule tous les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires.


Il faudrait donc que l’ONU, avec l’appui de la SADEC, s’engage à des initiatives diplomatiques susceptibles de rétablir l’ordre démocratique, constitutionnel et d’organiser des élections libres et transparentes pour que les Comoriennes et Comoriens choisissent enfin librement leurs futurs dirigeants.


Il est temps que la clique autour du colonel-président AZALI Assoumani, qui a une vision obsolète de son pays, totalement incapable d’assurer tant ses obligations régaliennes que de croissance de l’archipel, quitte ce pouvoir usurpé depuis 2019.

Il est temps que le peuple comorien et l’importante diaspora à l’étranger, principalement en France mais pas uniquement, se choisissent de nouveaux dirigeants légitimes, aptes à développer véritablement l’archipel, atteint d’un sous-développement criant et d’une pauvreté qui se structure.

De ce changement radical politique et économique, la région retrouvera sa stabilité et la communauté aura des interlocuteurs légitimes et crédibles pour réfléchir ensemble et en toute sérénité de l’avenir de notre belle région et toutes les parties ne peuvent que gagnantes pour la stabilisation des relations entre Mayotte et les autres îles de l’archipel des Comores.


Cela doit se faire rapidement désormais, sous l’égide des Nations-Unies. Le temps de la passivité et de la complaisance est terminé. Le temps est venu de prendre des décisions franches en vue d’un développement rapide et durable de l’Union des Comores, pour instaurer un nouveau partenariat gagnant-gagnant entre les futurs dirigeants politiques des Comores et la République française, et surtout l’île de Mayotte.


Me Saïd LARIFOU, Président du RIDJA , candidat à l’élection Présidentielle aux Comores en 2016 et 2019.



Catégories :Edito & Opinions, Infos & actu, Siasa

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