La pagaille dans nos eaux territoriales, une menace pour notre sécurité

Disparition de navires, naufrages en série, pêche illégale, trafic d’êtres humains, vaste cimetière marin, zone économique exclusive aux contours mal définis, perspectives d’exploration de gisements de pétrole et gaz, naissance d’un volcan sous-marin, piraterie, spectre djihadiste qui plane sur le canal de Mozambique, tous ces ingrédients réunis font des eaux territoriales comoriennes, un futur far west maritime, une poudrière potentielle, dans l’indifférence générale du gouvernement.

Photo des garde-côtes comoriennes, lors d’un sauvetage en mer

Etant un archipel, cela semble être une évidence, que notre insularité nous oblige à devenir une patrie bleue, tournée vers les mers. La maîtrise de notre espace maritime est un enjeu crucial et devrait être une priorité absolue. 

Or, notre pays semble n’avoir aucune emprise sur nos eaux territoriales, devenues une véritable passoire, une zone de non droit. Combien de bateaux de trafiquants de tout poil y transitent? Combien de thoniers étrangers y pêchent en toute illégalité? Nous sommes incapables de le savoir car nous n’avons pas les moyens humains et matériels pour assurer un contrôle effectif dans ce domaine. 

Agissant comme si notre mer ne faisait pas partie du territoire national, tout ce qui s’y déroule ne semble pas déranger outre mesure, les autorités comoriennes.

Les naufrages sont légion. Le bateau « îles des Comores » parti de Majunga samedi 19 juin, était en détresse avec 38 passagers à bord et a été secouru par nos garde-côtes le 25 juin. Un autre navire le Dhulfikar en provenance de Tanzanie, n’a toujours pas donné de nouvelles. 6 personnes liées à ce bateau seraient arrêtées à Ngazidja, dans des circonstances troubles. 

Si les garde-côtes comoriens sous équipés font ce qu’ils peuvent avec les maigres moyens du bord, pour venir à la rescousse des naufragés et des navires en péril, le pouvoir en place à Moroni ne semble pas avoir saisi l’ampleur du défi auquel il doit faire face. 

Interrogé lors du compte rendu du conseil des ministres, sur ces disparitions inquiétantes en mer et les risques de pertes en vie humaines, le porte-parole du gouvernement Houmed Msaidie, dans l’arrogance qui le caractérise a répondu que les journalistes n’ont pas à le questionner sur les bateaux en danger car il n’est pas gendarme. 

Des dizaines de citoyens perdus prés de nos côtes, des bateaux en provenance et Tanzanie et Madagascar, transportant des marchandises mais également de potentiels trafiquants, qui rentrent et sortent dans nos eaux comme dans un moulin, c’est le cadet des soucis du gouvernement selon son porte-parole qui envoi balader les journalistes qui ont l’outrecuidance de l’interroger à cet effet.

Cette légèreté est préoccupante quand on sait que des dizaines de génocidaires rwandais se sont rendus à Mayotte en passant par les Comores sans y être détectés.

Si nos dirigeants ne se soucient pas de la vie de leurs citoyens, qu’ils se soucient au moins de la sureté de notre territoire.

La maitrise de nos frontières maritimes et de notre zone économique exclusive, est d’un intérêt stratégique de premier plan. C’est pour cette raison que l’absence de réaction du gouvernement comorien sur le volcan sous marin qui est apparu à 50 kilomètres de Mayotte est inquiétant.

Le permis d’exploration pétrolière délivré par les autorités comoriennes inclus les 74 000 km entourant Mayotte et revendiqués par la France. Comment les Comores peuvent vouloir le pétrole ou gaz qui se trouvent dans les eaux mahoraises mais ignorer le nouveau volcan qui s’y trouve? Qui s’appropriera le volcan sous-marin pourra réclamer les potentiels richesses de cette zone, si elles venaient à être découvertes.

Bâtir, au plus vite, une marine moderne et bien équipée n’est pas une option mais une obligation. Il en va de la sécurité nationale et intégrité territoriale. Il y a quelques mois une dizaine de vedettes rapides ont été livrées par les Emirats Arabes Unis, mais cela est une goutte d’eau face à l’ampleur de la zone a surveiller.

Seuls des vrais bateaux, des radars et des drones pourront permettre d’exercer notre souveraineté pleine et effective sur nos eaux territoriales.

Mohamed Moussa Al Comorya – Ne pas copier. Toute reproduction interdite –



Catégories :Edito & Opinions, Infos & actu, Siasa

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