Justice pour Hamada Gazon, tué il y a 2 ans par les forces de l’ordre

Hamada Gazon, tué par les forces de l’ordre le 8 décembre 2018 à Ikoni

Deux ans quasiment jour pour jour, après la mort d’Hamada Gazon, le 8 décembre 2018 à Ikoni, justice n’est toujours pas rendue. Tué lors d’une intervention des forces de l’ordre, les autorités traînent des pieds pour faire la lumière sur ces événements.

Ce n’est qu’en juillet 2019, soit 7 mois après les faits que le Procureur de la République de Moroni, Mohamed Abdou a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire sur les circonstances ayant conduit à la mort du jeune homme. Jusqu’à présent l’enquête n’a pas avancé d’un iota.

Chez une partie de la jeunesse comorienne sur les réseaux sociaux, Hamada Gazon est érigé en symbole de la dérive autoritaire du pouvoir. L’année dernière, une grande marche fut organisée à ikoni à la mémoire de ce jeune aimé de tous. Grand amateur de basket, respectueux envers les plus âgés, tous ceux qui l’ont connu décrivent un garçon bien sous tous rapport.

Hamada Gazon avait toute la vie devant lui. Mais les promesses des lendemains qui chantent ont été fauchées par une balle, de criminels en uniforme. Il n’y a pas d’autres termes pour qualifier des personnes qui tirent à balles réelles en plein milieu d’une ville, alors qu’il n’y avait aucune menace proportionnée, justifiant l’usage d’armes à feu.

Le plus inquiétant est l’impunité dont jouissent les auteurs de cet acte. Aucune mesure n’a été prise, ce qui équivaut à un blanc-seing donné aux brebis galeuses, pour continuer les bavures. L’affaire Hamada Gazon permet de mettre à nu un régime répressif, qui rechigne à sanctionner policiers et militaires, car il ne tient que grâce à ces derniers, puisque souffrant d’une légitimité contestée.

Notre police, gendarmerie et tous les autres militaires doivent comprendre que leur rôle est de protéger et servir le peuple. C’est grâce à l’argent des taxes que paient les citoyens à la douane et autre, que vos salaires sont versés tous les mois. C’est envers le peuple que vous devez être redevables.

Et ce peuple comorien exige des personnes dépositaires de l’autorité publique un comportement exemplaire. Cela n’est possible que si nous avons des dirigeants irréprochables, car c’est bien connu « le poisson pourrit toujours par la tête ».

Toutes les bonnes volontés de ce pays doivent à l’unisson réclamer justice pour Hamada Gazon. On ne peut se résigner à vivre dans un pays où ôter la vie d’un jeune homme dans la fleur de l’âge, n’a pas plus de conséquences qu’écraser par inadvertance un chat en voiture.

Mohamed Moussa Al Comorya – Ne pas copier. Toute reproduction interdite –



Catégories :Edito & Opinions, Infos & actu

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