Port de Mutsamudu : ASC sabote les entrepreneurs comoriens

Mariama Mze Madi, Femme d’Affaires

Ce qui se passe actuellement au port de Mustamudu à Anjouan, est tout simplement révoltant. La Femme d’Affaires Mariama Mze Madi, plus connue sous le nom de sa société Makas, ancienne Maire, originaire d’Ikoni, a importé 9 000 tonnes de ciment pour mettre fin à la pénurie qui frappe Anjouan,en collaboration avec des commerçants anjouanais notamment le regretté Mohamed Abdallah Halidi « Mon Garçon »‘.

Étrangement, la société manutentionnaire ASC décharge cette cargaison du bateau avec une lenteur pour le moins suspecte. Seulement 200 tonnes par jour. A ce rythme il faudra attendre 45 jours pour finir le travail.

A titre de comparaison à Moroni, où il n’y a pas de port en eaux profondes et où les bateaux n’accostent pas directement au quai comme à Mutsamudu, il est possible de décharger jusqu’à 1000 tonnes par jour.

Si au bout d’une semaine, l’entrepreneuse n’a pas fini le déchargement de son ciment, elle devrait payer jusqu’à 10 000 dollars par jour. Sachant qu’elle débourse déjà 800 euros par jour pour les heures supplémentaires.

ASC fait exprès, de laisser traîner les choses, car ce qu’il faut savoir, c’est que cette société ne se contente pas de faire de la manutention, elle est par ailleurs impliquée dans le commerce de riz et de ciment à Anjouan. Elle ne voit pas d’un bon œil cet arrivage de ciment qui, en plus, sera vendu moins cher, 73 000fr la tonne contre 75 000 actuellement.

A la fois juge et partie, elle met des bâtons dans les roues de ses concurrents locaux. Une compagnie étrangère sabote les entrepreneurs comoriens sans aucune réaction des autorités qui nous chantent pourtant tous les jours qu’il faut s’orienter dans le secteur privé, car la fonction publique est saturée.

Comment voulez-vous que les comoriens investissent si le gouvernement est incapable de protéger leur investissement contre l’injustice ou la concurrence déloyale?

Qui se cache derrière ASC?

On se demande comment le contrat de cette société manutentionnaire peut être renouvelé, alors qu’elle n’apporte rien de positif au pays. Les grèves de ses employés se plaignant des conditions de travail sont nombreuses.

Son seul objectif est de maximiser les profits sur le dos des comoriens. Au lieu de maintenir les 300 salariés qu’elle a trouvé à son arrivée, elle a préféré avoir recours à des vacataires payés un salaire de misère et sans aucune stabilité de l’emploi.

ASC est une filiale du transporteur maritime international UAFL, qui elle-même a été rachetée en 2011 par la compagnie maritime allemande Deutsche Afrika-Linien.

Grâce à sa branche comorienne ASC, le groupe a établi le port de Mutsamudu comme son principal centre de transbordement dans la région, pour les conteneurs en provenance ou destination de l’Extrême-Orient, L’Europe, Le Golfe, le sous-continent indien, La Réunion, Maurice, Madagascar, le Mozambique et l’Afrique du Sud.

Avec tout cela, ASC se sucre bien en se servant de notre port international en guise de plateforme régionale, sans que les Comores ne voient réellement la couleur de cet argent et les retombées de telles activités.

Absence d’ambitions maritimes

Port de Mutsamudu, Anjouan, Comores

Le gouvernement affirme que la Banque Mondiale a débloqué 40 millions de dollars pour créer des petits ports secondaires dans les 3 îles.

Encore une fois, il fait fausse route. Notre pays a besoin renforcer de manière substantielle les capacités de son port principal Mutsamudu et créer une société manutentionnaire nationale. Le port d’Anjouan doit être équipé et agrandi pour servir les ambitions maritimes des Comores et le développement d’une économie bleue.

Nous devons tirer profit de notre localisation avantageuse dans le canal de Mozambique, un espace de fort transit de marchandises. Il nous faut une stratégie maritime qui s’articule autour du port de Mutsamudu en faisant de lui le levier de l’économie comorienne.

L’urgence à Ngazidja et Moheli n’est pas de construire des petits ports secondaires mais plutôt des ports principaux avec des quais en eau profonde, qui contribueront au désenclavement et travailleront en complémentarité avec Mutsamudu.

En attendant, il est temps que les autorités frappent du poing sur la table pour que Madame Mariama Mze Madi puisse décharger son ciment en temps et en heure. Mais surtout mettre fin aux pratiques inadmissibles de l’ASC, qui donnent une mauvaise image et n’incitent pas les investisseurs à se ruer vers les Comores.

Mohamed Moussa Al Comorya – Ne pas copier. Toute reproduction interdite –



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