Déconstruire le mythe d’un Azali bâtisseur de routes

Azali Assoumani inaugurant le tronçon de route de Samba Kuni

On ne récolte que ce que l’on sème dit le vieil adage. Mais cette maxime n’est pas toujours vraie, en ce qui concerne les affaires de l’État. Il arrive parfois que certains moissonnent dans la joie, ce que d’autres ont semé dans la peine, au nom du sacro saint principe de la continuité de l’Etat.

En matière d’infrastructures routières, le pouvoir actuel se targue d’avoir quelques réalisations à son compteur. Et c’est la vérité, rien que la vérité mais pas toute la vérité.

Ce qu’oublie de préciser le gouvernement, c’est que ce sont des projets pour la plupart, hérités de l’ancien vice président en charge de l’Aménagement du Territoire, Nourdine Bourhane.

Pour ceux qui veulent faire croire à la population qu’ Azali fait mieux que tous les autres présidents dans ce domaine, il faut rappeler que la présidence Ikililou Dhoinine est celle qui a impulsé cette dynamique.Dès son arrivée au pouvoir en 2011, il a inauguré la route de Hajoho à Jimlime de 6 km. Toujours à Anjouan, en 2013 soit 2 ans seulement après son accession à Beit Salam, Ikililou a réhabilité les 11 km de l’axe Wani – Mutsamudu.

Il faut ajouter à cela les 13 km allant de Bambao Mtsanga à Domoni. Puis 6 autres km pour la route de la Cuvette qui traverse Tsembehu, Shandra et Dindri.

A Ngazidja le précédent gouvernement a construit entre autres la route allant du rond point de la Coulé jusqu’à Bahani et Ntsudjini et les 25 km reliant Bahani à Mbeni en passant par Kwambani.

A Moheli il a bitumé la route de 6 km allant de Fomboni à Djoiezi et celle de 9 km reliant Miringoni à Wala

.Ceci n’est qu’une liste non exhaustive des réalisations de Nourdine Bourhane, n’y figure pas, les chantiers et projets inachevés, ni les petits tronçons comme celui du quartier Mbuweni.

Avant de céder le pouvoir au gouvernement Azali, le vice-président avait fait un bilan de son action lors d’une conférence de presse en décembre 2015, il avait évoqué les initiatives à venir notamment la route RN1 Hahaya – Mistamihuli, La RN2 Moroni-Fomboni, et la transversale Dindri – Lingoni.

Deux de ces routes ont été achevées sous Azali, celle de Mitsamihuli et la transversale. En ce qui concerne celle menant de Moroni au sud de Ngazidja, elle n’est toujours pas finie.

Le gouvernement Azali a été incapable de répondre aux exigences et normes des partenaires internationaux notamment l’Union Européenne qui a retiré son financement. Quelle honte pour ceux qui estiment faire mieux que les autres.

Depuis 2017 le projet patine. En 3 ans le gouvernement a été incapable de terminer les 11 km Moroni-Mistudje. Laissant la population dans la poussière durant 3 longues années.

Les cadres du régime qui n’ont que l’expression « fonds propres » à la bouche, se garderont bien de vous révéler qu’ils ont dû appeler au secours la Banque Africaine de Développement pour un financement supplémentaire.

Sachant que cette institution avait déjà apporté sa part. Si la BAD a accepté d’accorder un don et un prêt supplémentaire, elle ne manque pas de souligner l’incompétence de ceux qui nous gouvernent :

 » Le retard dans l’avancement de l’exécution des travaux s’explique par nombreux facteurs tels que : un ralentissement à la suite l’incertitude concernant la disponibilité de l’ensemble des ressources pour financer le marché entier des travaux ; le manque d’efficacité dans la gestion du projet par l’Agence d’exécution ; et le processus d’acquisition qui a pris assez de temps. »

En résumé tout allait bien tant qu’il s’agissait de finir les routes initiées par leurs prédécesseurs mais lorsqu’il a fallu exécuter un projet de Aà Z et mobiliser les ressources financières nécessaires, le gouvernement Azali à mis 3 ans pour finir seulement 11 kilomètres sur les 40 prévus jusqu’à Fumbuni.

A ce rythme Il faudra encore 9 ans pour que la route arrive à Mbadjani. La route Moya-Sima connaît le même sort.

Pendant ce temps, le gouvernement trompe la population et inaugure en grandes pompes des petits tronçons de routes secondaires d’à peine 3 kilomètres qui devraient tomber dans les champs de compétences des communes dans un État normal.

Mohamed Moussa Al Comorya



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