45 ans d’indépendance: le plus dure reste à faire

C’est toujours avec un plaisir particulier que je me joins au peuple comorien pour célébrer le jour de notre indépendance .

Nous avons une grande dette envers les fils et les filles de ce pays et tous les autres héros qui se sont battus pour que les Comores soient libres.

L’arbre de notre liberté a été arrosé par leur sueur et leur sang. C’est une dette que nous ne pouvons ni rembourser, ni oublier.

Malheureusement nous avons cessé de nous souvenir que notre liberté a un coût. Nous nous sommes trompés en croyant que 1975 était l’aboutissement, alors que ce n’était que le commencement.

Nous sommes devenus laxistes dans la défense de notre indépendance car nous avons oublié l’état catastrophique dans lequel se trouvaient nos îles avant 1975.

Nous devons commémorer, aujourd’hui le souvenir de ces héros du passé et chérir la liberté qu’ils nous ont laissée, pour mieux la préserver, la protéger et perpétuer ce précieux héritage.

Un siècle et demi d’asservissement, nous a fait oublier, qu’avant la domination coloniale, nous étions un peuple indépendant, avec une histoire millénaire.

Durant des siècles des vagues de migrations forcées ou volontaires, ont fait converger vers notre archipel, une variété de races et de langues qui se sont mêlées au fur du temps.

De ce brassage entre la majorité bantou et les minorités arabes, malgaches, perses, indiennes et colons européens, a donné naissance à une nouvelle entité culturelle, une nation distincte des autres.

Avant la colonisation, les comoriens bâtissaient des cités de pierres, des palais royaux, des citadelles et des forteresses. Les ruines témoignent encore de ce passé glorieux.

Nos ancêtres construisaient leurs propres moyens de transports le Djahazi, qui n’avait rien à envier aux caravelles des occidentaux.

Nous aïeux avaient établi un système éducatif le payalashio, qui enseignait à lire et à écrire à tous les enfants. Ils avaient développé une administration judiciaire, composée des kadhis.

Du 15ème au 18ème siècle, Les Comores comme le reste du monde swahili, a connu un âge d’or de prospérité.

Au 19ème siècle, minées par les dissensions internes nos îles ont entamé leur déclin. Tirant profit de cette faiblesse le colonisateur a imposé son joug du 19 et 20ème siècle.

Durant 150 ans, nous étions jetés aux oubliettes par la République Française. Jusqu’aux années 70 le taux de scolarisation ne dépassait pas les 10 %. Il n’y avait pour les 4 îles, qu’un seul établissement secondaire, le lycée de Moroni.

Ceux qui nous chantent que la décadence a commencé en 1975, ne font que démontrer une ignorance crasse de l’histoire. Ou qu’ils nous expliquent comment avoir un seul lycée pour tout l’archipel était une époque de grandeur.

Il n’y avait que 7 centres de santé et seulement 12 médecins comoriens. Voilà dans quel état lamentable nous étions en 1975 après 135 ans de colonisation française. Si aujourd’hui les choses vont mal, n’oubliez pas qu’avant l’indépendance elles étaient pires.

Que les nostalgiques du temps des colonies et les partisans de la servitude volontaire remercient Dieu de n’avoir pas vécu cette époque.

Tandis que nous célébrons les quelques progrès qui ont été réalisés au cours des décennies qui ont suivi l’indépendance, nous savons qu’il y a des domaines où nous avons échoué .

Nous devons être honnêtes envers nous-mêmes et admettre que, au cours des dernières années, certains d’entre nous ont trahi leur patrie. Certains de ceux à qui nous avons fait confiance pour diriger et gérer les institutions, les ressources et la sauvegarde de l’intérêt général sont devenus des prédateurs de deniers publics. La classe politique a ruiné notre pays.

À cause de leur égoïsme, de leur cupidité et de leur mauvaise gouvernance, les comoriens se sont vu privés des services publics les plus essentiels et les plus basiques.

Après avoir brisé partiellement le joug du colonialisme, nous devons lutter avec la même énergie contre les ennemis de l’intérieur, qui s’enrichissent illicitement au détriment du peuple.

Nous devons perpétuer la lutte pour l’indépendance, en nous battant pour une souveraineté économique, alimentaire et une indépendance énergétique grâce aux énergies renouvelables.

Ne demande pas ce que l’indépendance a fait pour toi, demande ce que tu peux faire pour l’indépendance et le développement de ton pays. Car si les choses vont mal, chaque comorien, toi inclus, a sa part de responsabilité.

Mohamed Moussa « Al Comorya »



Catégories :Edito & Opinions, Siasa

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