Azali défend son bilan et donne rendez-vous en 2024

C’est depuis, l’île d’Anjouan que le dirigeant comorien Azali Assoumani a prononcé un discours, ce mercredi 10 juin, pour dresser son bilan d’étape.

Dans une adresse solennelle à la Nation, le chef de l’exécutif a passé en revue divers sujets d’intérêt national. De la gestion de la crise sanitaire, en passant par la situation économique et bien sûr le climat politique tendu qui règne dans le pays.

Sur son bilan, proprement parler, il n’y avait rien de substantiel. Le discours ne mentionne aucune promesse de campagne qui a été tenue. Quatre ans après son accession à la magistrature suprême, aucun des problèmes qu’il a trouvé en 2016 n’a été résolu.

Il reconnaît lui-même à demi-mot que les délestages, qui minent le quotidien des comoriens, sont toujours d’actualité. Il promet toutefois que son gouvernement ne ménage aucun effort pour trouver une solution notamment grâce à la multiplication des projets d’énergie renouvelable, comme celui de Pomoni à Anjouan.

Il s’est félicité de sa politique de nettoyage et unification des fichiers des agents de l’état, ainsi que le contrôle physique des fonctionnaires qui ont permis, selon lui, des économies évaluées à 2 milliards kmf. La maîtrise de la masse salariale et la suppression de certains postes budgétivores ont permis 987 millions d’économies annuelles.

Grâce à ce dégraissage de la fonction publique, la masse salariale passera de 28, 5 milliards en 2019 à 24, 2 millards en 2020.

Lettre de Sambi

En ce qui concerne la missive de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi, il semblerait qu’Azali Assoumani n’a pas apprécié toute la publicité faite autour de cette correspondance estimant qu’elle aurait dû rester privée.

« Il m’a adressé une lettre et en même temps il l’a rendu public. Est-ce qu’en faisant cela, il m’a réellement écrit ou il a écrit à tout le monde?

C’est un ancien Président, Il y a quand même une certaine élégance ou respect à avoir. Tu m’écris un courrier, tu n’attends pas ma réponse mais tu le publies.

Je considère que c’était plutôt un avertissement (Hadhari) qu’il m’envoyait, mais qu’en réalité il ne désirait pas de réponse de ma part, sinon il aurait attendu que je réponde

Il affirme qu’il souhaite que la justice se prononce pour ensuite envisager une éventuelle grâce présidentielle.

Tournante 2021

Pour ce qui est de la présidence tournante en 2021, il s’est voulu ferme et catégorique, « la prochaine échéance électorale est en 2024, que personne ne vous trompe à ce sujet ».

Il a rappelé que pour que des élections puissent avoir lieu en 2021, il aurait fallu que la CENI commence à travailler dès cette année or ce n’est pas le cas. Azali estime que l’opposition ment à la population comorienne, en faisant croire à cette possibilité de tournante en 2021.

Il se dit ouvert à un dialogue à condition que les opposants reconnaissent qu’il est le président.

Triste bilan

Ce qui ressort de cette intervention, c’est la grande vacuité. Le Chef de l’Etat a beau défendre son bilan ou blâmer le cyclone Kenneth et la pandémie Covid-19, il est difficile de ne pas constater que 4 ans après, dans aucun domaine, il peut se targuer de réalisations concrètes à son actif.

En 4 ans, nous avons assisté à une recrudescence de l’instabilité, avec des tentatives de putschs par ci, des mines qui explosent par là. Ici une main coupée, là bas des clous sur la piste d’atterrissage.

La crise de l’eau et l’électricité perdure et crée des échauffourées dans les régions comme Washili. Le chantier de L’hôpital El Maarouf avance à pas de tortue. Celui du Galawa est abandonné. La route Moroni-Fumbuni est au point mort.

L’éducation nationale est plombée par le manque de moyens et par les grèves à répétition. Le secteur privé s’estime asphyxié par les taxes douanières. La plupart des banques sont dans le rouge.

Mohéli est complètement ignorée. En 4 ans de pouvoir aucun projet conséquent sur l’île de Djumbe Fatima. Un mépris sans nom.

Malgré ce triste constat, plutôt que de tirer la sonnette d’alarme, certains griots de la cour du Roi, continueront à chanter que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Mohamed Moussa « Al Comorya »



Catégories :Infos & actu, Siasa

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