UPDC: la faillite morale des partis politiques

L’opposition a honte, certains ne l’avoueront pas, mais beaucoup de sympathisants se sentent floués et trahis.  L’invitation de Belou, directeur de cabinet d’Azali Assoumani,  au congrès du parti d’opposition  UPDC à Mbeni, continue a faire couler beaucoup d’encre et de salive.

Aujourd’hui lors d’une conférence de presse, les cadres de cette formation politique, par la voix de Mohamed Abdou Soimadou, ont présenté leurs excuses  à la ville de Mbeni, à la région hamahamet-Mboikou, aux militants de l’updc, aux autres partis d’opposition et enfin aux citoyens comoriens dans leur globalité. Ils regrettent d’avoir reçu le porte drapeau de la dictature. Selon eux, il s’agit d’une erreur, née d’une divergence interne. 


Mais le mal est fait. Ce genre de comportement ne fait qu’alimenter la défiance des Comoriens à l’égard des politiciens. Cette épisode est une aubaine, pour ceux qui, comme moi, ne cessent de dénoncer les connivences et les petits arrangements  entre les partis toutes tendances confondues. Cette invitation vient apporter de l’eau au moulin de ceux qui rejettent en bloc, l’élite oligarchique qui a gouverné ce pays ces dernières décennies. 


Alors que la démocratie Comorienne fait face à une menace existentielle et que la République se disloque, l’opposition multiplie les incohérences et les double discours. D’un coté Azali est illégitime mais de l’autre les députés juwa votent en faveur de ses projets de loi. D’une part Azali est un horrible dictateur, mais de l’autre un député RDC part en voyage avec lui. Belou est le bras armé de l’autoritarisme mais on l’invite à la tribune officielle du congrès de l’UPDC. 


Les élites politiques mènent le peuple en bateau, après avoir offert le pays à Azali sur un plateau d’argent, en boycottant les élections. Ils tentent de le caresser dans le sens du poil en  espérant sa clémence et une récompense pour services rendues. Attendez-vous à ce qu’après les législatives, les prisonniers politiques soient libérés et que tout ce beau monde se retrouve autour d’une table, pour une vraie fausse réconciliation et pourquoi pas un gouvernement d’union nationale. 


Ce qui m’attriste, c’est la nouvelle génération qui confond compromis et compromission, en acceptant de s’allier à ces politiciens véreux et antidémocratiques. De qui se moque-ton, quand Soimadou s’érige en défenseur de la liberté d’expression?

N’est-ce pas lui qui, lorsqu’il était directeur d’Al watwan censurait les articles critiquant Mamadou? N’est-ce pas lui qui a licencié Faiza Soulé en premier? N’est-ce pas, ce sombre personnage qui était accusé par la regrettée Saminya Bounou d’ harcèlement sexuel?  Sans oublier qu’il est un ancien ministre du gouvernement d’Azali en 2000. 


Comment des jeunes défenseurs de la démocratie et de l’état de droit, des personnes qui militent pour des idées progressistes, peuvent faire cause commune avec ce genre d’individus rétrogrades et foncièrement antidémocratiques et ensuite s’étonner qu’ils vous trahissent?

Preuve de la supercherie, L’UPDC a décidé d’exclure ses députés qui soutiennent Azali. Ils ont attendu que la mandature expire pour sanctionner ces parlementaires.Jusqu’à quand allons-nous tolérer cette plaisanterie de mauvais gout? 



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